Stalwart vient de franchir le cap de la version 1.0, publiée le 26 octobre 2026, cinq ans après le premier commit du projet. Ce serveur mail open source écrit en Rust regroupe dans un seul binaire les protocoles SMTP (réception, soumission, relais), IMAP, POP3 et JMAP, ainsi que CalDAV, CardDAV et WebDAV. Pour un administrateur de VPS Linux ou de serveur dédié, c'est la promesse de remplacer l'empilement classique Postfix + Dovecot + filtrage antispam par un seul service à déployer et à maintenir sur une machine virtuelle ou un serveur bare-metal.
Source : annonce officielle Stalwart v1.0, stalw.art, 26 octobre 2026.
Des benchmarks qui écrasent la pile traditionnelle
L'équipe Stalwart a publié les résultats de 38 comparaisons directes avec Postfix 3.11 (SMTP) et Dovecot 2.4 (IMAP). Stalwart sort devant sur 35 des 38 tests. Les benchmarks ont été conduits dans plus de 30 régions cloud Azure, avec des jeux de données de 1,6 million de messages, 750 000 éléments calendrier et contacts répartis sur 500 comptes. Voici les écarts les plus significatifs pour un administrateur de serveur de messagerie :
| Métrique | Stalwart v1.0 | Postfix / Dovecot | Écart |
|---|---|---|---|
| Débit SMTP soutenu | 5 445 msg/s | 723 msg/s (Postfix) | 7,5x |
| Recherche plein texte (boîte 250K messages) | 3,75 ms | 136 ms (Dovecot) | 36x |
| Login IMAP + TLS | 5,1 ms | 28 ms (Dovecot) | 5,5x |
| Récupération message 1 Mo | 6x plus rapide que Dovecot | 6x | |
| Déplacement/suppression 100 messages | 18-19x plus rapide que Dovecot | 18x | |
| Sessions IMAP concurrentes | 5,4x plus de sessions/seconde | 5,4x | |
| Déplacement/suppression 25K messages | ~0,1 s | 24-34 s (Dovecot) | 200x+ |
| Notifications IDLE | 3,3 ms | 500 ms (Dovecot) | 150x |
Les trois seuls tests remportés par Dovecot concernent le marquage simultané de tous les messages d'une boîte en "lu". Ces chiffres ont été obtenus sous stress avec des scénarios extrêmes : 20 000 nouvelles connexions par seconde, des boîtes individuelles jusqu'à 5 millions de messages, 100 000 comptes sur un seul serveur et des tests d'endurance de six heures pour détecter les fuites mémoire. Les scripts, configurations et résultats bruts sont disponibles publiquement dans le dépôt du projet. Côté ressources CPU, Stalwart a également réduit sa consommation mémoire de 9,6 Go à moins de 0,4 Go de heap réel grâce à ses optimisations internes.
Un seul binaire, six backends de bases de données
Là où la pile classique exige de configurer et maintenir séparément un MTA (Postfix, Exim), un serveur IMAP (Dovecot), un antispam (SpamAssassin, Rspamd), puis de relier les trois, Stalwart intègre tout dans un processus unique. L'administrateur n'a qu'un seul fichier de configuration, un seul daemon à superviser avec systemd et un seul ensemble de logs à consulter. Cette simplification facilite considérablement la tâche de gérer un serveur de messagerie en production.
Six backends de bases de données sont supportés : RocksDB (embarqué), PostgreSQL, MySQL/MariaDB, SQLite, Redis et un store mémoire intégré pour les déploiements monoserveur. Le choix dépend de votre infrastructure existante. Sur un serveur VPS Linux standard, RocksDB permet de fonctionner sans base de données externe : un seul package à installer, zéro dépendance. Sur un serveur dédié en cluster avec besoin de haute disponibilité, PostgreSQL ou MySQL répondent aux besoins de réplication entre serveurs virtuels.
Schéma de base figé : plus de migrations disruptives
La version 1.0 gèle définitivement le schéma de base de données interne. Toutes les mises à jour futures de Stalwart s'appliqueront en place, sans migration disruptive ni interruption du service mail. C'est un point critique pour un serveur de production : l'administrateur peut planifier les mises à jour comme un simple redémarrage, sans fenêtre de maintenance prolongée. Vos sauvegardes de bases de données restent compatibles d'une version à l'autre.
Pour les utilisateurs existants de la version 0.16, l'outil stalwart-migrate convertit les données et préserve les identifiants de compte, les UID IMAP et l'historique de modifications. Pour une migration progressive depuis Dovecot ou Postfix, un proxy de migration permet de basculer les comptes un par un sans coupure globale.
Nom de domaine et authentification email
Héberger son propre serveur mail impose de configurer correctement les enregistrements DNS du nom de domaine. Stalwart gère nativement la signature DKIM des emails sortants, mais l'administrateur doit publier les enregistrements correspondants dans la zone DNS : enregistrement MX pointant vers l'adresse IP du serveur VPS, enregistrement SPF autorisant cette IP à envoyer pour le domaine, clé publique DKIM et politique DMARC. Sans ces enregistrements, les emails envoyés depuis votre serveur atterrissent en spam chez les destinataires.
Sur un VPS Linux, la gestion DNS passe généralement par le panel de l'hébergeur ou directement via l'interface du registrar du nom de domaine. L'interface d'administration web intégrée à Stalwart permet de générer les clés DKIM et d'afficher les enregistrements DNS à publier, ce qui simplifie la configuration initiale pour l'administrateur.
DKIM2 post-quantique et sécurité renforcée
Stalwart v1.0 introduit la signature DKIM2 avec des clés composites ML-DSA-44 et Ed25519. ML-DSA (FIPS 204) est un algorithme de signature post-quantique standardisé par le NIST, conçu pour résister aux attaques par ordinateur quantique. En combinant ML-DSA-44 avec Ed25519 dans une signature composite, l'authenticité des emails reste garantie même si l'un des deux algorithmes venait à être compromis.
C'est un sujet qui va devenir central pour les administrateurs de serveurs mail dans les prochaines années. Si vous gérez la sécurité TLS de votre VPS, la couche d'authentification email suit la même logique : anticiper la cryptographie de demain sans casser la compatibilité d'aujourd'hui. Le firewall et le chiffrement TLS protègent la connexion, DKIM2 protège l'identité de l'expéditeur.
Recherche plein texte dans les pièces jointes
Le moteur de recherche intégré indexe désormais le contenu texte des fichiers PDF, Microsoft Office (docx, xlsx, pptx), OpenDocument (odt, ods, odp), EPUB et RTF joints aux emails, ainsi que les fichiers du stockage WebDAV. L'extraction est écrite entièrement en Rust, sans bibliothèque externe de traitement de documents, avec des limites strictes de taille et de complexité pour éviter les abus.
En pratique, un utilisateur peut retrouver un email à partir d'un mot contenu dans une facture PDF ou un tableur en pièce jointe. Sur une boîte de 250 000 messages, cette recherche prend moins de 4 millisecondes. Un gain considérable comparé aux solutions classiques où il faut rechercher manuellement dans les pièces jointes téléchargées ou recourir à un outil externe.
Filtrage antispam et classification IA (édition Enterprise)
L'antispam est intégré nativement, sans logiciel tiers à installer. L'édition Enterprise de Stalwart ajoute une classification par intelligence artificielle compatible avec les API d'OpenAI, Anthropic, Google Gemini et Ollama (modèles locaux). Sur un VPS ou un serveur dédié doté d'un GPU ou de suffisamment de RAM, le filtrage IA local via Ollama permet de classifier les emails sans envoyer de données à un service externe.
Déployer Stalwart sur un VPS Ubuntu ou Debian
Stalwart est distribué sous forme de binaire statique pour Linux (x86_64 et ARM), macOS, Windows et en image Docker. Sur un VPS Ubuntu ou Debian, l'installation se résume à télécharger le package binaire, créer un utilisateur système dédié (en root), configurer les ports réseau dans le firewall (25, 143, 443, 587, 993) et déclarer un service systemd. L'interface d'administration web intégrée (panel d'administration) permet ensuite de gérer un serveur mail complet depuis le navigateur : comptes, domaines, files d'attente, sauvegardes et monitoring.
Les prérequis matériels dépendent du volume de courrier et de la bande passante disponible. Un petit nom de domaine personnel tient sur un VPS d'entrée de gamme avec 2 Go de RAM. Pour un serveur mail d'entreprise traitant plusieurs dizaines de milliers de messages par jour, un serveur VPS avec au moins 4 vCPU, 4 Go de RAM et du stockage SSD NVMe est recommandé. La sécurisation SSH et la mise à jour automatique des paquets système restent indispensables, comme sur tout serveur exposé à Internet.
Sauvegardes et restauration des données mail
Un serveur de messagerie contient des données critiques : emails, contacts, calendriers. La stratégie de backup doit être planifiée dès le déploiement. Avec le backend RocksDB, les sauvegardes se font par snapshot du répertoire de données ou via rsync vers un serveur distant. Avec PostgreSQL ou MySQL, un dump régulier de la base de données complète la sauvegarde des fichiers. L'outil mysqldump automatisé par cron convient parfaitement pour les backends MySQL/MariaDB.
Stalwart stocke les emails, les pièces jointes et les métadonnées dans le backend choisi. Les données sont compressées avec zstd via des dictionnaires optimisés pour le format email, ce qui réduit l'espace de stockage nécessaire. Prévoyez un espace disque suffisant et un plan de sauvegarde automatique pour éviter toute perte de données en cas de panne du serveur.
FiveM
Minecraft
Rust
RedM
Hytale