Un serveur Minecraft public, c'est du lag, des règles qui ne vous conviennent pas et des inconnus qui détruisent vos constructions. La solution la plus simple reste d'héberger votre propre serveur, accessible uniquement à vous et vos amis. C'est plus rapide à mettre en place qu'il n'y paraît, et ce guide couvre l'installation complète sur un VPS, du premier démarrage à la liste blanche qui garde le serveur privé.
Pourquoi un VPS plutôt qu'un hébergement classique
Un serveur VPS (serveur privé virtuel), une des machines virtuelles obtenues par virtualisation — que plusieurs hébergeurs commercialisent aussi sous le nom de serveur cloud ou d'hébergement cloud — est une tranche isolée d'un serveur physique : contrairement à un hébergement mutualisé (pensé pour des sites web, sans accès root ni processus qui tourne en continu), les serveurs virtuels donnent un accès administrateur complet et une part de processeur/RAM dédiées, exactement ce qu'un serveur de jeu qui tourne 24h/24 exige. Autre différence utile : la flexibilité d'un VPS permet d'augmenter l'espace disque (ou espace de stockage) ou la RAM en quelques clics si votre petit groupe d'amis grandit, sans changer de machine — et si le groupe grandit encore davantage, un serveur dédié (un hébergement dédié complet, sans partage matériel) ou même plusieurs serveurs prennent le relais.
Minecraft, surtout en version Java, est plus exigeant qu'il n'y paraît pour un "simple" jeu de blocs. Un bon serveur a besoin de trois choses en particulier :
- Un CPU à fréquence élevée par cœur : le jeu dépend fortement de la vitesse d'un seul cœur pour calculer la logique du monde (génération de chunks, entités, redstone). Plus de cœurs n'aide pas si leur fréquence individuelle est basse.
- De la RAM en fonction du nombre de joueurs et de plugins : un petit serveur vanilla à 5-10 joueurs tourne confortablement avec 2 à 4 Go ; comptez davantage dès que des plugins ou un modpack s'ajoutent.
- Du stockage SSD, idéalement NVMe : les sauvegardes du monde et le chargement des chunks sont nettement plus rapides que sur un disque classique, ce qui se sent directement en jeu.
Préparer le VPS et installer Java
Ce guide utilise Ubuntu comme distribution ; Debian, un autre système d'exploitation Linux courant chez les hébergeurs VPS, convient tout aussi bien avec des commandes similaires. Connectez-vous en SSH, mettez le système à jour, puis installez Java (indispensable pour faire tourner le serveur) et screen, qui permet de laisser le serveur actif après la déconnexion :
sudo apt update && sudo apt upgrade -y
sudo apt install default-jre-headless screen -y
Ouvrez ensuite le port par défaut de Minecraft dans le pare-feu (firewall) :
sudo ufw allow 25565/tcp
sudo ufw status
Télécharger et lancer le serveur
Créez un dossier dédié et téléchargez la dernière version du serveur depuis le site officiel de Minecraft :
mkdir minecraft-server && cd minecraft-server
wget [URL_DU_FICHIER_JAR_DEPUIS_MINECRAFT.NET]
Premier lancement, qui échoue volontairement pour générer les fichiers de configuration :
java -jar server.jar nogui
Un fichier eula.txt apparaît : ouvrez-le et remplacez eula=false par eula=true pour accepter les conditions d'utilisation.
Créez ensuite un script de démarrage qui alloue la RAM disponible sur votre VPS (ici 3 Go maximum, 1 Go au démarrage) :
#!/bin/sh
java -Xmx3G -Xms1G -jar server.jar nogui
Rendez-le exécutable et lancez le serveur dans une session screen, pour qu'il continue de tourner après votre déconnexion :
chmod +x start.sh
screen -S minecraft
./start.sh
Pour quitter la console sans arrêter le serveur, faites Ctrl+A puis D ; pour y revenir, screen -r minecraft.
Vanilla ou PaperMC : le choix qui change tout
Le serveur officiel ("vanilla") fonctionne, mais PaperMC (une version optimisée et compatible) réduit sensiblement la consommation de ressources et ouvre la porte aux plugins, sans rien changer à l'expérience de jeu pour vos amis. Sauf besoin très spécifique de rester en vanilla strict, PaperMC est le choix par défaut recommandé pour un petit serveur entre amis : de meilleures performances à ressources égales, et des plugins pour gérer les permissions, les backups automatiques, les protections de terrain, ou même un plugin d'économie qui stocke ses données dans une base de données plutôt qu'un fichier local, plus tard si besoin.
Garder le serveur entre amis avec la whitelist
C'est l'étape qui transforme un serveur techniquement accessible en un serveur réellement privé. Activez la liste blanche depuis la console du serveur :
whitelist on
whitelist add PseudoDeVotreAmi
Seuls les pseudos ajoutés pourront rejoindre, même si votre adresse IP (ou le nom de domaine qui y pointe) est connue. Pensez aussi à vous nommer opérateur (op VotrePseudo) pour disposer des commandes d'administration en jeu.
Sauvegarder le monde régulièrement
Le dossier du monde (nommé world par défaut) contient tout : constructions, inventaires, progression. Une copie régulière de ce dossier (un backup, en somme), avant chaque mise à jour de version ou l'ajout d'un plugin, évite de tout perdre en cas de mauvaise manipulation :
tar czf sauvegarde-$(date +%Y%m%d).tar.gz world/
Automatiser cette commande via une tâche planifiée (cron) évite de devoir y penser à chaque fois.
Votre serveur est maintenant en ligne, privé et sauvegardé. Un peu de monitoring (surveiller l'usage RAM/CPU et la bande passante consommée par les téléchargements de chunks, même si votre offre l'annonce comme illimitée) aide à repérer une dérive avant qu'elle ne devienne gênante en jeu. Nos offres d'hébergement Minecraft couvrent ce cahier des charges dès le premier palier, et pour un projet qui grandit au-delà d'un petit groupe d'amis, louer un serveur dédié ou un VPS plus généreux en ressources prend le relais sans tout réinstaller : nos serveurs dédiés ou nos VPS Linux conviennent aux deux cas. Dans les deux cas, gardez en tête que l'infogérance matérielle de votre hébergeur ne construit jamais de haute disponibilité à votre place : pour un petit serveur entre amis, une sauvegarde régulière suffit largement, cette architecture plus lourde n'ayant de sens que pour un serveur public à fort trafic.